L'emblématique Cabat, en édition limitée chaque année

86 magasins
dans le monde

La renaissance de Bottega Veneta

Racheté par Gucci Group voici cinq ans et réinterprèté par le talentueux Directeur artistique Tomas Maier, le maroquinier de luxe a fait peau neuve. Nommée cette année marque de luxe la plus prestigieuse aux USA, Bottega Veneta est désormais l’une des griffes clés de la stratégie de PPR. Reportage.

Coincée entre deux bretelles de voies rapides, l’improbable zone industrielle de Vicenza, petite ville du nord de l’Italie, abrite un joyau inattendu : les ateliers de la marque Bottega Veneta, la valeur montante du groupe PPR. La maison, réputée pour ses sacs de cuir tressé à la main, reste fidèle à un savoir-faire de longue date : la technique de « l’Intrecciato ». Dans la manufacture, quelque 150 artisans aux doigts de fée s’appliquent à entrecroiser les fines bandes de cuir de plus d’un mètre de long. Il faut 77 lanières issues de dix peaux différentes et le travail de deux personnes pendant deux jours pour confectionner un seul sac. Un travail d’orfèvre qui assure une souplesse et une résistance inégalées.

 

À cette cadence, la production est bien sûr limitée : Bottega Veneta ne fabrique pas plus de 500 pièces par saison pour le sac Cabat, qui s’arrachent à tour de bras. La clientèle ne lésine pas à débourser 3000 euros pour arborer ce sac emblématique, voire jusqu’à 75 000 euros pour des commandes spéciales réalisées dans des peausseries précieuses telles que l’autruche, l’iguane ou le crocodile.

L’année dernière, les ventes de Bottega Veneta se sont accrues de 60,2% pour atteindre un chiffre d’affaires d’environ 160 millions d’euros. Et ce n’est pas fini : « Notre ambition annoncée d’atteindre 200 millions sera largement dépassée » se félicite François-Henri-Pinault, qui avoue être « surpris de la rapidité de cette ascension ». Un cadeau inespéré pour la marque qui fête ses quarante ans cette année.

Success story
Créée en 1966 par Vittorio et Laura Moltedo, Bottega Veneta (littéralement «atelier vénicien») a fait ses premiers pas dans la sous-traitance, notamment pour Armani, avant d’éclore en son nom propre dans les années 70. Contrairement aux autres griffes de luxe, le couple prend le parti de jouer sur l’absence de logo. Son sceau n’apparaît que discrètement à l’intérieur des sacs. Un pari osé mais bien ciblé : son credo « Vos propres initiales suffisent » se diffuse comme une trainée de poudre magique dans le monde de la jet-set. La marque vit alors ses heures de gloire. Avant de retomber lentement dans l’oubli. En 1998, les fondateurs de Bottega Veneta confient à de jeunes stylistes britanniques le soin de redorer la marque, mais l’introduction de modèles en toile affublés de logos ostentatoires est un échec. Il faut attendre l’arrivée du designer Tomas Maier, ancien de Sonia Rykiel et d’Hermès pour que Bottega Veneta regagne ses lettres de noblesse. Ses priorités ? Revenir au « no logo », renouer avec une qualité maximale et des séries limitées. La réussite ne se fait pas attendre : dès 2002, trois boutiques sont inaugurées à Paris, Londres et Milan. Suivent le lancement des collections de prêt-à-porter femme et homme en 2002, l’ouverture d’une boutique amiral à New-York et la première collection de bijoux en 2004, le lancement d’une gamme de mobilier en 2006 et l’ouverture, cette année, d’une seconde boutique à Paris, avenue Montaigne. A fin mars 2006, 86 magasins ont été ouverts dans le monde.

 

 

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