Le marché du luxe au Japon : quelle réalité ?

Tour de verre Gucci à Ginza, Tokyo

A Tokyo, 92% des jeunes femmes de 20 ans possèdent un produit de la marque Gucci

Le marché du luxe au Japon : quelle réalité ?

Porté par une croissance continue, le Japon est le premier marché mondial pour la vente de produits de luxe. Les marques de Gucci Group y jouent un rôle capital.

 
Après des années 90 moroses, le Japon affiche une santé économique florissante. Le pays connaît des taux de croissance en hausse (2,6% en 2004, 2,7% en 2005) : les entreprises redoublent de bénéfices, les salaires augmentent et le pouvoir d’achat redémarre. On savait depuis toujours les Japonais friands de qualité et de sophistication. La tendance se confirme dans presque tous les secteurs, de l’électronique à l’automobile en passant par la cosmétique. Les marques de luxe, portées en adoration, n’échappent évidemment pas à cette vague.
 
Gucci, l’incontournable
Selon les estimations du ministère du Commerce extérieur japonais, 40% des produits de luxe vendus chaque année dans le monde seraient achetés par les Japonais. En 2002, une enquête réalisée à Tokyo auprès de jeunes femmes de 20 ans a démontré que 92% d’entre elles possédaient un produit de la marque Gucci. Une statistique importante pour Gucci Group, très influent au Japon, avec ses marques Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent, Sergio Rossi, Boucheron, Gucci Group Watches et YSL Beauté. L’an dernier, l’archipel nippon a représenté 18,3% des ventes mondiales de Gucci Group, la marque Gucci comptant pour près des trois-quarts de ce résultat. Elle occupe ainsi le troisième rang des marques de luxe les plus vendues. L’inauguration de sa nouvelle boutique à Ginza, l’un des quartiers les plus chic de Tokyo, vient encore renforcer son assise. Cette boutique, la plus prestigieuse de la marque, est la seule à être installée dans un immeuble appartenant à Gucci. Une extraordinaire tour de verre de huit étages, tout particulièrement conçue pour célébrer la culture du shopping de la capitale japonaise. La façade extérieure en verre multidimensionnelle, baignée de lumière, créé un effet à couper le souffle. À l’intérieur, les tonalités or et argent sont atténuées par les traditionnels bois de rose et velours. La boutique Gucci à Ginza témoigne du lien traditionnel de la marque avec le monde du luxe et représente un incomparable lieu de shopping international.
 
Les Japonais aussi séduits par le luxe discret
Outre cette boutique d’exception, Gucci Group vend ses produits dans tout le pays grâce à un réseau de presque 530 points de vente, dont environ 150 boutiques gérées en propre, dont les « shop-in-shop » au sein des grands magasins : de tous les pays où le Groupe est présent, le Japon est celui qui connait les meilleurs résultats dans la gestion en propre. Ce qui laisse pressentir une expansion de cette forme de distribution, comme le confirme Shinichi Tanaka, président de Gucci Group au Japon : « Nous avons ouvert cette année un flagship Bottega Veneta à Omotesando et en ouvrirons un autre l’an prochain à Ginza qui sera l’une des plus grandes boutiques de la marque dans le monde avec près de 1000 m2 de surface d’exposition sur trois niveaux. »
 
En effet, depuis deux ans la célèbre marque de maroquinerie, qui a désormais gagné le titre de « lifestyle brand » atteint des croissances annuelles de plus de 60%. Ses ventes au Japon représentent presque 34% des ventes mondiales, ce qui est un record. Redécouverte depuis peu, Bottega Veneta fait aujourd’hui partie des marques qui comptent. « Les gens croient souvent que les Japonais n’achètent que des produits de luxe aux logos ostentatoires. C’est une idée reçue et Bottega Veneta en est le meilleur exemple, explique Patrizio di Marco, président-directeur général de la marque. Notre succès s’explique par la vision créative de Tomas Mayer, son directeur de la création, le savoir-faire des nos artisans, une qualité extrême  et hors du temps. »
 

Mais qu’il soit affirmé ou discret, le luxe n’a de cessé de séduire les acheteurs nippons, à commencer par les séniors. Cette cible au fort pouvoir d’achat ne lésine pas sur la dépense. Une chance pour les marques qui voient dans le vieillissement de la population (en 2050, 35,7% des Japonais auront plus de 60 ans contre 20% aujourd’hui) un moyen sans précédent de s’imposer.

 

 

Imprimer Vers la page d'impression   

Au Sommaire

Vers l'article : PPR et La Redoute partenaires du 3e Salon de la mode éthique

PPR et La Redoute partenaires du 3e Salon de la mode éthique

Vers l'article : Auditeur interne, un métier multi-facettes

Auditeur interne, un métier multi-facettes

Vers l'article : La Fnac mise sur la périphérie des villes

La Fnac mise sur la périphérie des villes

| mentions légales | recherche
| contact | inscriptions | RSS |
| English version | plan du site |