Yves Saint Laurent est de retour
Des ventes à la hausse, des accessoires qui se développent et des collections unanimement saluées : Yves Saint Laurent retrouve son rang de grande marque iconique.
Restructurer ou développer. Pour ramener Yves Saint Laurent aux bénéfices, Valérie Hermann, Président-directeur général de la marque depuis 2005, a choisi la seconde option. Avec raison, si l’on en croit les derniers résultats : un chiffre d’affaires en progression de 19,1 % en 2006 et de 35,5 % au 1er trimestre 2007. Les collections sont appréciées, notamment la maroquinerie, marquée par le succès des sacs Muse et Downtown, ce dernier ayant déjà l’allure d’un must-have. Incontestablement Yves Saint Laurent va mieux : en deux ans, les pertes de la prestigieuse maison ont été réduites de 30 %. Ces bons résultats renforcent la confiance des équipes et confirment la justesse de leurs choix. Ce qui n’était pas évident au départ… « Pour reprendre une entreprise comme Yves Saint Laurent, fortement en perte mais un trésor national qui fait partie des trois grandes marques iconiques avec Chanel et Dior, il ne faut pas avoir peur, commente Valérie Hermann. J’ai autour de moi une équipe qui n’a pas peur. »
Pour expliquer la réussite de ce retournement, Valérie Hermann évoque l’ADN de la marque, « incroyable ; au-delà de ce que l’on peut imaginer. Mais ce n’est pas nouveau, donc insuffisant. Il faut, en plus, avoir une vision renouvelée de la création et savoir où l’on veut aller. » La Présidente souligne la qualité des équipes qui l’entourent. À commencer par Stefano Pilati, qui comprend la marque sans la plagier, la renouvelle avec sa vision créative. Le meilleur verdict : de plus en plus de femmes décident de porter ses créations. Autre atout, la « formidable envie de réussite » qui existe dans la maison. « Pour renverser la situation, il faut que les gens aient la rage d’y arriver, comme si c’était leur propre entreprise », estime Valérie Hermann. La presse a aussi joué un rôle moteur en soutenant fortement la marque. «J’ai senti en arrivant qu’il y avait à la fois en interne et en externe, à travers la presse, une envie que Saint Laurent réussisse. Parce que c’est une belle marque à laquelle les gens sont très attachés.» Les choses vont donc mieux, même si beaucoup reste à faire. Parmi les grands chantiers qui attendent Yves Saint Laurent, un développement conforme à ses ambitions et à son potentiel au Japon, et l’ouverture du marché chinois. Le nouveau concept des boutiques, dont la première sera testée avant la fin de l’année à Paris dans une adresse tenue secrète, est également un rendez-vous très attendu. Souvent perçues comme trop sombres, le changement s’annonce profond.
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